Kyste sous l’aisselle : bénin ou à surveiller ? | Mermoz

Kyste sous l’aisselle : bénin, ganglion ou à surveiller ?

Kyste sous l’aisselle : bénin, ganglion ou à surveiller ? 1200 800 Sénologie Marseille Mermoz

Une petite boule sous l’aisselle, que l’on sent en se lavant ou en s’épilant, inquiète presque toujours. Le mot « kyste » rassure un peu, sans savoir vraiment ce qu’il recouvre. Sous le bras, plusieurs choses très différentes peuvent former une boule : un kyste de la peau, un poil incarné qui s’infecte, un lipome, du tissu mammaire, ou un ganglion. La grande majorité sont bénignes. Voici comment les distinguer, et quand un examen est utile.

Par Dr Kévin Guttin · 6 min de lecture

Qu’est-ce qu’un kyste sous l’aisselle ?

Un kyste est une petite poche fermée, remplie de liquide ou de matière, qui forme une boule ronde sous la peau. Sous l’aisselle, la peau est riche en glandes sudoripares, en follicules pileux et en glandes sébacées, et elle subit les frottements, le rasage et l’épilation. C’est donc une zone où les kystes et les petites infections cutanées sont fréquents.

Mais toutes les boules de l’aisselle ne sont pas des kystes. C’est la raison pour laquelle il est utile de connaître les principales possibilités.

Les causes les plus fréquentes

Le kyste épidermoïde, souvent appelé kyste sébacé

C’est le kyste de la peau le plus courant. Il forme une boule ronde, bien limitée, qui bouge avec la peau. On voit parfois un petit point noir au centre. Il grossit lentement et ne fait pas mal, sauf s’il s’infecte : il devient alors rouge, chaud et douloureux. Il est bénin, et n’est retiré que s’il gêne ou s’infecte à répétition.

Le poil incarné, la folliculite et le furoncle

Le rasage et l’épilation favorisent l’inflammation des follicules pileux. Elle donne une petite boule rouge et douloureuse, parfois avec un point blanc. Un furoncle est une forme plus profonde de cette infection. Ces lésions apparaissent rapidement, en quelques jours, et disparaissent en général spontanément ou avec des soins simples.

La maladie de Verneuil

Aussi appelée hidradénite suppurée, c’est une maladie inflammatoire chronique de la peau. Elle provoque des nodules douloureux qui reviennent régulièrement sous les aisselles, dans l’aine ou sous les seins, parfois des abcès qui s’ouvrent et laissent des cicatrices. Si vos « kystes » reviennent toujours aux mêmes endroits, parlez-en à un dermatologue : le diagnostic est souvent posé tardivement.

Le lipome

C’est une boule de graisse sous la peau, molle, souple et mobile, totalement indolore. Elle grossit très lentement. Le lipome est bénin.

Du tissu mammaire dans l’aisselle

Le sein ne s’arrête pas net au bord de la poitrine : sa glande se prolonge vers l’aisselle. Chez certaines femmes, il existe aussi un petit îlot de tissu mammaire isolé dans le creux de l’aisselle. Ce tissu gonfle et peut devenir sensible avant les règles, pendant la grossesse ou l’allaitement. Un kyste du sein peut d’ailleurs se former dans ce prolongement et être senti sous le bras.

Le ganglion

Les ganglions lymphatiques de l’aisselle filtrent la lymphe du bras et du sein. Ils grossissent souvent en réaction à une infection, à une petite plaie du bras ou de la main, ou après un vaccin. Un ganglion se sent plus en profondeur qu’un kyste de la peau. Nous détaillons ce sujet dans notre article sur le ganglion sous l’aisselle, ainsi que dans celui consacré au ganglion après un vaccin.

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Kyste ou ganglion : comment faire la différence ?

Quelques repères permettent de s’orienter, sans jamais remplacer un examen :

  • Le kyste de la peau est très superficiel, il bouge avec la peau quand vous la pincez. Le ganglion est plus profond, et la peau glisse au-dessus de lui.
  • Le kyste a souvent un contour bien rond et net. Le ganglion est plutôt ovale, comme un haricot.
  • Le poil incarné ou le furoncle sont rouges, chauds et douloureux dès le début. Le ganglion réactionnel est souvent sensible, mais la peau reste normale.
  • Un ganglion qui apparaît après une infection ou un vaccin diminue en général en quelques semaines.

Si vous ne savez pas ce que vous sentez, ce n’est pas grave : c’est très difficile à distinguer au toucher, même pour un médecin. L’échographie, elle, fait la différence en quelques minutes.

Quand faut-il consulter ?

La plupart de ces boules ne nécessitent qu’une simple surveillance. Consultez votre médecin si :

  • la boule persiste plus de trois à quatre semaines ;
  • elle grossit, devient dure ou semble fixée en profondeur ;
  • elle mesure plus de deux centimètres environ ;
  • vous sentez aussi une boule dans le sein, un écoulement du mamelon ou une modification de la peau du sein ;
  • elle s’accompagne de fièvre persistante, de sueurs nocturnes, d’une fatigue ou d’une perte de poids inexpliquées ;
  • elle devient rouge, chaude et très douloureuse, signe d’une infection qui peut nécessiter un traitement ;
  • des nodules reviennent régulièrement aux mêmes endroits.

Si une boule de l’aisselle s’accompagne d’un signe du sein, notre parcours Urgence mammo permet un rendez-vous sous 24 heures lorsque la situation le nécessite.

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Des rendez-vous sont souvent disponibles sous 48 heures.

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Quel examen pour une boule sous l’aisselle ?

L’examen de référence est l’échographie. Elle montre immédiatement si la boule est dans la peau ou plus profonde, si elle contient du liquide, s’il s’agit de graisse, de tissu mammaire ou d’un ganglion, et analyse la forme et la structure d’un ganglion. L’aisselle est examinée au cours d’une échographie mammaire, en même temps que le sein du même côté.

Après 40 ans, ou lorsque la boule pourrait être en lien avec le sein, une mammographie est souvent associée. Notre article sur la boule sous l’aisselle et son lien avec le sein détaille ces situations.

Si l’échographie montre un aspect douteux, le radiologue peut proposer un prélèvement à l’aiguille, réalisé sous anesthésie locale.

Votre bilan au Centre de Sénologie Mermoz

Le Centre de Sénologie Mermoz, 38 rue Jean Mermoz dans le 8e arrondissement de Marseille, est consacré exclusivement à l’imagerie de la femme. L’échographie de l’aisselle et du sein, la mammographie et, si nécessaire, le prélèvement sont réalisés sur place. Le radiologue vous explique le résultat à l’issue de l’examen.

Questions fréquentes

Un kyste sous l’aisselle peut-il disparaître tout seul ?

Un poil incarné ou une petite folliculite disparaissent souvent en quelques jours. Un kyste épidermoïde, en revanche, ne disparaît pas spontanément : il peut rester stable des années. Il n’est retiré que s’il gêne ou s’infecte.

Faut-il percer un kyste sous l’aisselle ?

Non. Percer ou presser un kyste favorise l’infection et la récidive. S’il devient rouge et douloureux, consultez votre médecin.

Une boule sous l’aisselle peut-elle venir du déodorant ?

Un déodorant peut irriter la peau et favoriser une folliculite, surtout après le rasage. En revanche, aucune étude n’a démontré de lien entre les déodorants ou les anti-transpirants et le cancer du sein.

J’ai une boule sous l’aisselle avant mes règles, est-ce normal ?

Oui, c’est souvent du tissu mammaire qui gonfle sous l’effet des hormones, comme le sein lui-même. Si la boule disparaît après les règles et revient au cycle suivant, c’est très rassurant. Si elle persiste, faites-la vérifier.

Est-ce qu’une boule sous l’aisselle peut être un cancer ?

C’est rare. Mais un ganglion dur, fixe, qui grossit, en particulier s’il s’accompagne d’une anomalie du sein, doit être exploré rapidement. Pour apprendre à repérer une modification, lisez notre article sur l’autopalpation des seins.